Précarité et numérique

précarité et numérique

Élément de progrès, le numérique est aussi pour certaines personnes en France un facteur d’exclusion. La progression rapide des usages et le tout numérique accentuent l’éloignement des populations en précarité. Cette fracture numérique s’est encore renforcée avec ce que certains qualifient d’«injonction au numérique ». Par exemple, quand les déclarations trimestrielles de RSA ne peuvent être accomplies que sur le net. Accès aux aides, à l’emploi, aux bonnes affaires :  c’est tout un pan de services qui ne sont pas accessibles à une partie de la population.

La 3ème édition des parties prenantes sur le thème précarité et numérique d’Orange a permis de mettre en exergue les facteurs d’exclusion numérique à travers une vaste enquête auprès des parties prenantes et des bénéficiaires.

Quels sont les facteurs d’exclusion ? Les freins ? Les solutions ? Quel rôle Orange, opérateur historique peut-il / doit-il avoir ?

Autant de questions posées par la direction de la RSE d’Orange auprès des publics cibles mais aussi des salariés d’Orange.

Des services uniquement numérisés

Des services uniquement numérisés

Parmi les niveaux de dépendance au numérique pour l’accès aux services, l’étude montre que les services liés à l’emploi, au parcours professionnel, aux démarches administratives, aux prestations sociales, à l’éducation et à la formation font l’objet d’une dépendance critique sans alternative au numérique. Soit, les démarches les plus essentielles pour un citoyen.

Le second bloc de services, dont la dépendance est jugée importante, avec des alternatives autres qu’en ligne mais moins intéressantes, sont le maintien du lien social, l’économie collaborative et le logement.

Ces classifications varient bien sûr selon les cibles visées dans l’étude : les travailleurs précaires et les demandeurs d’emploi, les familles précaires, les jeunes en insertion et les seniors en particulier en milieu rural.

Des services uniquement numérisés (1)

Les freins au “tout numérique”

L’exclusion numérique ne se concentre pas uniquement sur l’accès et l’équipement (30%). Le manque d’autonomie numérique est un frein majeur pour 32% des personnes. Les autres freins sont le parcours utilisateur (l’UX), 22% et les compétences numériques des aidants, 16%. Les jeunes très à l’aise avec le mobile ont parfois des difficultés avec le mail ou l’envoi de pièces jointes dans leurs démarches en ligne.

Le frein le plus cité, après la difficulté à naviguer, est l’identification en ligne et la gestion des mots de passe. Les coûts sont aussi un obstacle. Bien souvent, les personnes paient un prix excessif par rapport à ce qu’elles devraient et ce par manque de connaissance des aides existantes.

Des services uniquement numérisés (2)

Et dans l’entreprise ?

Au-delà des publics en précarité, Valérie Peugeot, sociologue chez Orange, met l’accent sur la situation d’un grand nombre de salariés sous les radars des études et de la littérature qui se concentrent sur l’encadrement et le management.

Elle cite à l’appui les chiffres du Credoc : 47% des salariés déclarent avoir été mal ou très mal préparés au numérique, ce chiffre atteint 70% chez les non diplômés et 65% des ouvriers.

Lors du lancement de sa stratégie nationale pour un numérique inclusif, le gouvernement estime que 13 millions de nos concitoyens demeurent éloignés du numérique : ils n’utilisent pas ou peu Internet, et se sentent en difficulté avec ses usages.

A l’heure du tech for good la réduction de cette fracture numérique est un enjeu majeur de société.

Les acteurs privés comme Orange ont aussi un rôle à jouer aux cotés des ONG, des associations et des collectivités territoriales. Quand on interroge les salariés de l’opérateur historique sur les raisons pour Orange de s’engager, 30% citent la responsabilité sociale de l’entreprise, 30% son image et sa réputation.  

Orange a identifié un certain nombre de pistes d’action qui seront mises en œuvre concrètement. Parmi elles, une journée que les salariés pourraient consacrer à la formation au numérique.  L’inclusion numérique est l’affaire de tous.

Marie Giroud

L’Acsel lance une grande enquête Le numérique et nous 

La transformation numérique ou transformation digitale, qu’est-ce que c’est ?

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Pour répondre à cette question et comprendre comment chacun vit avec les outils numériques, l’Acsel lance une grande enquête inédite, en partenariat avec Kawaa et Cognito, destinée à décrypter la manière dont les français se sont emparés du digital et de ses outils.

Je participe à l’enquête !

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