Interview de Jean-Pierre Remy, Directeur Général de SoLocal Group

 

Interview de Jean-Pierre Remy, Directeur Général de SoLocal Group*

 
 
SoLocal, définitivement tourné vers l’avenir et le web

Vous avez connu une grande transformation de l’annuaire au web, quelles sont les principales difficultés rencontrées et les facteurs de réussite qui vont ont permis d’avancer ?

La transformation numérique de SoLocal est terminée, elle a duré 5 à 6 ans. Aujourd’hui, le groupe est entièrement concentré sur la croissance. Les principales difficultés rencontrées ont été sur les systèmes d’information, cela nous a pris énormément de temps pour gagner en rapidité, passer en temps réel sur l’ensemble de nos activités et rendre nos équipes totalement autonomes.  

Le deuxième aspect très important de cette transformation était l’évolution des ressources humaines, il fallait arriver à donner à nos équipes toute la compétence nécessaire. Réussir à leur transmettre le virus du numérique, non seulement en termes de connaissances techniques mais aussi en compétences managériales, en termes de comportement… Nous avons revu totalement les valeurs de l’entreprise en mettant au coeur de notre stratégie l’agilité, la capacité à innover, à simplifier, à être au plus proche du client de la manière la plus autonome possible. Des valeurs qui sont absolument critiques dans le monde du numérique.

Et à court terme, quelles sont les prochaines étapes pour SoLocal, sur quoi travaillez-vous ? 

Aujourd'hui, SoLocal est complètement tourné vers la croissance, nous innovons sur de très nombreuses activités. Tout d'abord, il y a la création de contenu. Nous avons par exemple développé une offre de sites web qui est de plus en plus haut de gamme. SoLocal est d’ailleurs l'un des principaux créateurs de sites web en Europe avec près de 400 000 sites web d'entreprises gérés par le groupe.

D’autre part, nous continuons à travailler sur nos médias avec une refonte complète de la manière dont PagesJaunes définit la zone de chalandise de plus de 200 000 entreprises. Nous avons utilisé nos datas et le comportement de nos utilisateurs pour les définir au mieux.

Nous travaillons également sur la capacité que nous avons à accompagner nos clients dans le référencement de leurs activités sur toutes les grandes plateformes du web, pas seulement PagesJaunes mais également Google, Facebook, Apple, Microsoft… Enfin, nous avons également enrichi nos offres pour aider nos clients à être plus efficaces dans la gestion de leurs campagnes publicitaires. 

A moyen terme, l'objectif est-il de devenir intégralement une agence web ? 

SoLocal est déjà une agence web aujourd'hui, surtout quand on voit la création de contenu digital. On a encore une activité papier mais 85% de notre activité est digitale et nous sommes devenus l'une des plus grosses agences web en Europe pour les contenus. Notre spécificité, c'est d’avoir une très forte audience, sur nos sites et sur les sites de nos partenaires. C'est à la fois cette capacité à créer des contenus, à les diffuser sur un environnement extrêmement large ainsi qu’à améliorer l'efficacité des campagnes sur l'ensemble de ces médias qui font que nous sommes le leader de la communication digitale locale.

Qui sont vos concurrents aujourd'hui vu que vous travaillez avec Google et Bing ? Et quelle réponse leur apportez-vous ? 

C'est vrai que Google, Bing et Facebook sont plutôt des partenaires, nos concurrents sont donc d'abord les agences web locales. Je pense qu'une des forces de SoLocal par rapport à ces agences web est d'avoir des moyens technologiques, humains, financiers mais aussi relationnels avec tous les grands du web qui nous permettent d'aller plus vite sur l'ensemble des développements qui sont nécessaires pour aider nos clients à être présents sur toutes ces plateformes.

On a également une concurrence de quelques grandes plateformes verticales mais elle reste relativement faible. Il n’y a que quelques groupes qui sont à la fois fournisseurs de solutions technologiques et qui disposent d'une très grande audience, comme Leboncoin et SeLoger mais ce sont les seuls qui, à ce jour, ont réussi à allier une solution technologique pour leurs clients et une très grande audience. Pour les autres, on voit un certain nombre de startups émerger, mais pour l'instant, elles ont des audiences qui restent très limitées. Nos principaux concurrents restent les agences web locales et ces deux grands acteurs verticaux.

L’intelligence artificielle et le machine learning, des enjeux cruciaux
Comment vous positionnez-vous vis-à-vis de l'intelligence artificielle et du machine learning ? Est-ce que c'est un sujet sur lequel vous travaillez ? 

Les métiers de la publicité de manière générale vont être fortement impactés dans les prochaines années par l'intelligence artificielle, le machine learning et les nouvelles technologies cognitives. SoLocal doit évidemment se préparer à ces évolutions et nous travaillons déjà en étroite collaboration avec l'ensemble de nos partenaires stratégiques de manière à adapter nos contenus d'une part, mais aussi l'expérience utilisateur d'autre part grâce à ces nouvelles technologies. C'est à la fois vrai dans la création des contenus mais aussi dans la diffusion des contenus publicitaires avec l’enjeu majeur qui est de délivrer la bonne publicité au bon moment et à la bonne personne. L'intelligence artificielle va permettre de délivrer moins de publicités mais beaucoup plus pertinentes aux différents utilisateurs.

Est-ce que vous développez ces compétences en interne ou est-ce que vous travaillez avec des partenaires externes ? 

Pour se développer dans le machine learning et dans l'intelligence artificielle, nous devons être dans un écosystème. Nous avons évidemment des ressources très importantes en interne avec des équipes dédiées, nous avons d’ailleurs probablement parmi les équipes les plus importantes en France sur le web, l'internet et l'intelligence artificielle. Mais nous devons aussi travailler dans un écosystème plus large avec les grands du web et avec une certaine partie des startups. C'est une technologie en ébullition avec énormément de choses en train de se développer. Il y aura des ruptures et des nouveaux business models sur lesquels SoLocal ne sera pas présent au début mais nous devons être dans cet écosystème pour en saisir toutes les opportunités.

Un business pour le moment centré en France mais tout reste possible

Et le développement à l'international, est-ce quelque chose que vous envisagez ?

Tout ce qu'on fait en termes de développement d'activités est conçu pour pouvoir être déployé sur un grand nombre de marchés et notamment à l’international. Mais aujourd'hui, la priorité de SoLocal reste le développement en France. Nous avons encore de très nombreuses opportunités de croissance de nos activités pour l'ensemble de nos clients français. Nous servons plus de 500 000 entreprises en France et avons la capacité de générer encore une croissance importante sur toutes nos nouvelles activités de marketing digital et sur le référencement sur l'ensemble des grandes plateformes. La France reste donc notre première opportunité de développement aujourd'hui. 
 

 Voir la vidéo de l'interview en cliquant ici.
 

*M. Jean-Pierre Remy quittera ses fonctions le 30 juin 2017, son successeur devrait être annoncé prochainement. 
 

Constance Guyon

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